Photo d'une seiche en mer

La Seiche : anatomie et secrets d’un génie marin

User avatar placeholder
Écrit par Marine Lefèvre

26 décembre 2025

L’essentiel à retenir : la seiche commune se différencie du calamar par son unique os calcaire interne et sa pupille en W. Ce prédateur, véritable maître du camouflage grâce aux chromatophores, fait preuve d’une intelligence cognitive rare chez les invertébrés. Une vie intense mais brève, car ce céphalopode meurt systématiquement après sa reproduction, vers l’âge de deux ans.

Vous arrive-t-il encore de confondre la seiche commune avec le calamar ou de manquer de réussite lors de vos sessions de pêche sur l’estran ? Ce guide complet examine l’anatomie de ce céphalopode décapodiforme, de son os calcaire unique à ses capacités cognitives avancées, pour vous offrir une compréhension totale de l’animal et de son environnement. Identifiez sans erreur ses caractéristiques physiques, découvrez les secrets de son camouflage par chromatophores et perfectionnez vos techniques de capture à la turlutte grâce à nos conseils éprouvés pour ne plus jamais revenir bredouille.

Sommaire :

  1. Anatomie et identification : ne plus la confondre
  2. Un arsenal de survie hors du commun
  3. Comportement et intelligence : un mollusque pas comme les autres
  4. Cycle de vie, habitat et interactions avec l’homme

Anatomie et identification : ne plus la confondre

Portrait-robot d’un décapodiforme

La seiche commune (Sepia officinalis) arbore un corps ovale et singulièrement aplati. Elle atteint parfois 50 cm pour un poids avoisinant les 2 kg. C’est son épais manteau que nous consommons.

Voici les traits distinctifs de ce céphalopode décapodiforme. Son anatomie reste unique.

  • Un corps aplati et ovale
  • Huit bras courts à ventouses
  • Deux longs tentacules rétractiles pour la chasse
  • Un bec de perroquet en chitine
  • Une nageoire ondulante tout autour du manteau

L’os de seiche, sa signature unique

La seiche abrite une coquille interne calcaire très spécifique. On nomme cette structure l’os de seiche ou sépion.

Ce squelette agit comme un flotteur rempli d’air pour une flottabilité parfaite. On le retrouve sur l’estran après la mort de l’animal. C’est une source de calcium idéale pour les oiseaux.

Seiche vs calamar vs pieuvre : le comparatif définitif

La confusion avec le calamar reste fréquente. Retenez ceci : seiche = os, calamar = plume, pieuvre = rien.

Ce tableau récapitulatif vous évitera toute erreur future. C’est l’outil ultime pour distinguer ces céphalopodes.

Caractéristique Seiche Calamar Pieuvre
Squelette interne Os calcaire (sépion) Plume cornée (gladius) Aucun
Forme du corps Massif et aplati Allongé et fuselé Corps globuleux sans nageoires
Yeux Grande pupille en forme de W Œil rond Œil rond
« Bras » 8 bras + 2 tentacules 8 bras + 2 tentacules 8 bras

Un arsenal de survie hors du commun

Le maître absolu du camouflage

Oubliez le camouflage classique ; ici, on parle d’ingénierie biologique pure. La seiche s’appuie sur des chromatophores, ces sacs pigmentaires pilotés par son cerveau pour des changements instantanés. Elle ne se contente pas de changer de teinte, elle copie littéralement la texture du sable.

Pourtant, se cacher n’est pas l’unique but de cette prouesse. Sa peau sert aussi d’outil de communication, affichant des motifs hypnotiques lors des parades. C’est un langage visuel complexe qui dépasse la simple survie.

Propulsion à réaction et écran de fumée

Si elle ondule habituellement sa nageoire avec nonchalance, le danger déclenche une métamorphose. En expulsant l’eau via son siphon, un jet orientable, elle réalise des accélérations fulgurantes pour fuir. Cette propulsion à réaction contraste brutalement avec sa nage de croisière.

Vient ensuite l’atout maître de l’évasion : la fameuse poche d’encre. Ce n’est pas une simple tache, mais un véritable écran protecteur riche en mélanine. Le terme « sépia » tire d’ailleurs son origine de cette substance défensive historique.

Des yeux pour voir l’invisible

Regardez bien son œil ; il semble venir d’ailleurs. La seiche arbore une pupille en forme de W, la distinguant radicalement du calamar aux yeux ronds. Cette structure gère l’intensité lumineuse avec une précision chirurgicale.

Mais son vrai super-pouvoir reste caché. Elle perçoit la polarisation de la lumière, révélant des contrastes insoupçonnés dans l’eau trouble. Cet atout lui permet de repérer des proies transparentes totalement invisibles.

Comportement et intelligence : un mollusque pas comme les autres

Techniques de chasse d’un prédateur efficace

Ce prédateur ne fait pas de quartier. Son menu ? Des crabes, crevettes et petits poissons. Elle broie ces mets avec un bec en chitine surpuissant, capable de briser les carapaces.

Sa méthode est glaçante. Elle s’approche, « hypnotise » sa cible avec des jeux de couleurs, puis projette ses deux tentacules préhensiles. À une vitesse de 2,5 m/s, la capture est instantanée. La proie n’a aucune chance.

Une intelligence surprenante et étudiée

La seiche est bien plus qu’un mollusque. C’est un animal sentien, doté de capacités cognitives remarquables pour un invertébré.

Sans l’égaler aux vertébrés, son intelligence surprend. Voici les prouesses validées par la science qui prouvent qu’elle réfléchit vraiment :

  • Apprentissage par observation
  • Mémorisation de trajets complexes
  • Résolution de problèmes simples
  • Capacité de contrôle de soi (retarder une gratification pour une meilleure récompense)

L’art de la parade et de la communication

Ces couleurs sont un langage codé. Le mâle se distingue par des rayures et un bras hectocotyle sans ventouses. C’est son outil de reproduction, unique et indispensable.

Place ensuite aux danses nuptiales. Des vagues sombres parcourent le corps du mâle. Son ventre devient parfois vert phosphorescent pour impressionner la femelle. Un spectacle visuel intense.

Cycle de vie, habitat et interactions avec l’homme

Un destin tragique : se reproduire et mourir

Au printemps, les adultes gagnent le littoral pour s’accoupler. Le mâle, utilisant son bras spécialisé, l’hectocotyle, transfère habilement ses capsules de semence, les spermatophores, directement dans la femelle.

La ponte suit rapidement. La femelle dépose entre 150 et 4000 œufs noirs, regroupés en grappes évoquant du « raisin de mer ». Elle ancre souvent cette précieuse cargaison sur des structures immergées, privilégiant les casiers de pêche.

C’est ici que le drame se joue : l’espèce est semelpare. Les adultes meurent inévitablement après la reproduction, ce qui explique leur courte longévité de 1 à 2 ans.

Où et quand observer la seiche ?

Ce mollusque affectionne particulièrement les fonds sableux ou mixtes. Bien qu’on puisse la croiser jusqu’à 250 mètres, elle évolue le plus souvent à faible profondeur, autour de 15 mètres.

Sa zone d’habitation couvre une large bande géographique européenne :

  • Océan Atlantique Est
  • Manche
  • Mer du Nord
  • Mer Méditerranée

Un céphalopode prisé des pêcheurs

En Manche, la pêche de la seiche est une véritable institution. La technique traditionnelle repose sur l’utilisation d’une turlutte, un leurre spécifique muni d’un panier d’aiguilles pour piéger l’animal.

Au-delà de l’assiette, sa chair ferme constitue un appât redoutable. C’est d’ailleurs un classique pour garnir une palangre pour la pêche en mer destinée aux gros prédateurs.

En somme, la seiche dépasse largement son simple statut de mollusque comestible. Dotée d’une intelligence rare et d’un mimétisme absolu, elle s’impose comme une véritable merveille d’adaptation. Pourtant, son existence éphémère nous rappelle la fragilité de la vie marine. Un animal fascinant à observer (et à respecter) lors de vos prochaines sorties en mer.

FAQ

Quelle est la différence fondamentale entre la seiche et le calamar ?

Bien que cousins, ces deux céphalopodes se distinguent principalement par leur squelette interne et leur morphologie. La seiche possède un os calcaire (le sépion) qui lui confère une forme ovale et aplatie, tandis que le calamar dispose d’une plume cornée (le gladius) et d’un corps plus fuselé. De plus, la pupille de la seiche forme un W caractéristique, contrairement à l’œil rond du calamar.

Quel est l’autre nom couramment donné à la seiche ?

Scientifiquement nommée Sepia officinalis, la seiche est souvent désignée par le terme « margatte » dans certaines régions ou simplement « sépia ». Attention toutefois à la confusion commerciale : elle est parfois vendue abusivement sous l’appellation générique d’encornet, un terme qui devrait techniquement désigner les calamars.

Qu’est-ce qui rend la seiche si spéciale dans le règne animal ?

Ce mollusque fascine par son intelligence remarquable et ses capacités de mimétisme absolu. Considérée comme un animal « sentien », la seiche possède des capacités cognitives avancées (mémorisation, apprentissage) et utilise ses chromatophores pour changer instantanément de couleur et de texture, autant pour se camoufler que pour communiquer.

Pourquoi trouve-t-on des os de seiche sur la plage ?

La présence de ces os sur l’estran est liée au cycle de vie tragique de l’animal. Après la reproduction, les adultes meurent massivement (phénomène de semelparité) ; leur corps se décompose, libérant le sépion. Remplie de gaz pour assurer la flottabilité de l’animal de son vivant, cette structure calcaire flotte et finit par s’échouer au gré des marées.

Peut-on cuisiner et manger la seiche comme le calamar ?

Absolument, la seiche est un mets très apprécié, notamment pour son manteau (le blanc de seiche) à la chair épaisse et ferme. Bien que sa texture soit plus dense que celle du calamar, elle se cuisine de manière similaire, souvent grillée ou en sauce, après avoir été nettoyée de son os et de sa poche d’encre.

Image placeholder

Passionnée par l'océan depuis l'enfance, j'explore les côtes françaises et partage mes découvertes sur la vie marine, les techniques de pêche et les trésors du littoral. Marine Lefèvre Fondatrice Dielette.fr

Laisser un commentaire